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Les marais de Bourges, des Hortillonnages ? Non, mais un peu oui….

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Plan des marais de Bourges 

Les marais de Bourges ont une histoire parallèle à la nôtre, et une géographie un peu différente. Et une sociologie qui n’a rien à voir.

Situés comme les hortillonnages quasi au centre Ville de Bourges, ils sont nés aussi d’asséchement de marécages en amont de la Ville, mais pas à la même époque ni dans le même but que nos hortillonnages.

En fait 2 rivières coulent au nord ouest de Bourges : L’Yèvre et le Langis . Ces rivières s’épandaient en marécage avant la ville, la pente étant quasi nulle . Régulièrement avec les crues, ces 2 rivières se réunissaient en une seule et formaient un gigantesque lac en amont de la ville ayant une fonction conséquente de défense, mais aussi de périodicité de cette défense dangereuse pour la sécurité et de la quasi impossibilité de cultiver ces marécages, étant trop souvent noyés.

Les marais ont été donc très tôt domestiqués par l’homme , mais pas dans le même but que nos hortillonnages et avec des retouches sur plusieurs siècles au fur et à mesure qu’évoluaient les besoins.

1/ Pour rendre la défense plus pérenne, les gallo-romains ont crée de toute pièce un nouveau cours d’eau léchant l’enceinte fortifiée de Bourges, la Voiselle.

2/ Pour cultiver les terres pas toujours noyées, on a commencé vers 800 a travailler les marais les plus près du centre, par la technologie ancestrale du creusement de fossés d’asséchement. On les appelle à Bourges les coulants . Contrairement à nos rieux, ce sont des fossés, ils n’ont jamais été prévus pour être navigables. Ils ne sont la que pour permettre d’y concentrer l’eau et donc de cultiver la parcelle émergée. (Contrairement à nos hortillonnages, ces marais appartenaient au haut moyen âge à la commune, chez nous c’était l’église. Dans un 2me temps, ils ont été vendus à des congrégations religieuses qui, comme nous, les exploitaient via fermiers).

3/ Avec l’arrivée des nécessaires moulins au 12eme siècle, on s’est mis a canaliser l’Yèvre pour créer un bief au premier moulin et assurer une retenue d’eau suffisante en hauteur et débit pour l’alimenter, ce moulin du Roye.

4/ Au 17eme siècle, on agrandit cette digue et on comprend que l’on peut organiser l’écoulement des eaux dans la Voiselle et les marais autour en installant des vannes de décharge et retenue, que l’on va appeler « pelles ». On va installer un moulin plus important dans la Voiselle, alimenté désormais plus régulièrement par ces aménagements hydrauliques. Satisfait du résultat, on va petit à petit augmenter la hauteur cette digue pour améliorer les performances du moulin du Roye. Cette digue de l’Yèvre va de plus en plus ressembler à une digue de canal, comme notre chemin de halage. Mais en créant cette digue, que fait on me direz vous par conséquence ? On augmente de 2,5 m et plus la hauteur d’eau de l’Yèvre par rapport à la Voiselle, qui ne communiquent plus que par des « pelles’ . Et donc on crée 2 hauteurs d’eau dans les marais.

Les antiques marais évidement « de même hauteur » deviennent  » marais du bas « et » marais du haut ».

Les marais du bas (2/3 de la superficie) sont plus régulièrement irrigués et bénéficient donc d’une meilleure possibilité d’exploitation .

Mais les marais du haut (1/3 de la superficie) sont noyés….

Donc on fait quoi ?

Tiens tiens…ca me rappelle quelque chose… Comme la montée des eaux ne s’est pas faite du jour au lendemain mais en quelques années, au fur et à mesure que les moulins demandaient plus de puissance donc plus de hauteur, on a appris au 18ème siècle tout naturellement à rehausser les parcelles qui commençaient à s’imbiber d’eau et à creuser des « coulants » autour plus profonds, cette profondeur les rendant navigables…..jusque au barrage du moulin du Roye. Différence avec nous, les barques ne pouvaient pas se rendre en centre ville….

Ici, la technique de création des parcelles asséchées est évidente et plus tardive, on en a des preuves aux archives; Devant la montée des eaux, on creuse, on rehausse, tout comme on a fait pour nos hortillonnages.

La cause ? Les aménagements hydrauliques de l’homme consécutifs aux besoins des moulins.

Voici une évidente similitude entre nos 2 marais, ils ont été aménagés par l’homme à la suite de la nécessité d’installer des moulins hydrauliques.

C’est tout mais c’est fondamental, et confirme la création très probable de nos hortillonnages pour nous au 12 eme/13eme siècles , date de l’édification de nos moulins (Voir Histoire des hortillonnages et des hortillons sur ce site)

Pour les autres aspects, ces marais sont très différents de nos hortillonnages .

Je vous raconte cela un peu plus tard….

(Fin de l’article en Travail)

Un p’tit dimanche au bord de l’eau….

Vous allez assouvir votre envie d’immersion  pour une journée dans les hortillonnages avec mise à disposition pour vous et le groupe d’une aire (Ile) privatisée  pour un bon pique nique, la présence d’un bénévole historien qui vous contera la belle histoire des hortillonnages et des hortillons , et une barque électrique pour aller naviguer enfin libre sur ces merveilleux canaux appelés rieux, tout ceci dans le cadre de l’évènement Amiens, une histoire d’eau.

Très bien.

1 fois par an, le 14 juillet; nous y ferons la fête…Une guinguette rien que pours vous. 

Un accordéoniste viendra vous interpréter les airs du musette les plus connus, et ceux que vous lui demanderez. Ainsi que la chanson des hortillons.

Encore un plus à votre journée dans les hortillonnages. 

 

Nos partenaires et bienfaiteurs

Voici la liste de nos partenaires avec lesquels vous pouvez prendre contact directement également :

  • Maison des hortillonnages à Amiens, boulevard Beauville, crée par Nisso Pelossof et dirigée actuellement par son ami Jacques Leullier. Pour les groupes le matin, (dont nous…), sur réservation et les particuliers l’après midi (souvent la file…)
  • Canoé Kayak club de Rivery , locations et animations canoé pour adultes et jeunes. Nous en assurons les randonnées historiques 2 fois par mois.

et de nos membres bienfaiteurs :

(en cours de construction)

 

La barque a cornets, le petit et le grand…

C’est l’emblème des hortillons et des hortillonnages.

 

 

C’était surtout leur instrument de travail

A la création des hortillonnages conséquente à la montée des eaux en amont d’Amiens (voir histoire des hortillons) , il est devenu indispensable de se déplacer et de travailler en barque. Tout naturellement, les charpentiers de marine ont travaillé la proue et la poupe  de leur construction en privilégiant le coté pratique de leur future utilisation (comme c’est toujours le cas en architecture navale) :

  1. le petit cornet pour décharger le fumier et charger plus facilement sur les aires, en respectant le talus. (Mais on chargeait également de flanc quand le rieux était peu large)
  2. le grand cornet pour décharger commodément au port du don d’abord puis au quai Parmentier ensuite. Les barques étaient en effet nombreuses et rangées côte à côte.

Il y avait plusieurs « faiseurs de barques » à Amiens. Il faut dire que le parc était de plus de 1000 barques navigantes à l’âge d’or. Le restaurant des Marissons est un ancien chantier naval.

A noter que cette technique appliquée n’est pas une invention, mais une adaptation  à l’échelle locale. Les barques de rivière ont toujours eu leur proue relevée afin de passer les pertuis dans le sens descendant ou ascendant : On reviendra plus tard sur les pertuis, ancêtres des écluses, dans un article dédié. Il y a ainsi plusieurs autres exemples de barques ainsi conçues sur le même principe , par exemple dans les marais poitevins ou sur la Meuse en Belgique (Images ci dessous, Niort, Amiens, Liège)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La machine à vapeur = développement d’Amiens au 19ème siècle.

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Chaudière et moteur vapeur faisant tourner une batteuse dans une ferme amiénoise. 

La machine à vapeur et Amiens, instrument d’une notable évolution.

Sans nul doute, la machine à vapeur fut la plus importante découverte du 19eme siècle ayant entrainé la révolution industrielle et toute la société qui en est découlée.

Il n’y en aura pas d’égale avant notre révolution informatique.

Les trains vont faire tomber les distances, permettront aux classes moyennes de sortir des 10 km de rayon dans lesquels ils vivaient avant, les métiers Jacquard mues par des moteurs vapeur vont décupler leurs performances, des usines vont naitre dans les campagnes, sur les hauteurs…

On pouvait désormais :

  • Faire tourner des machines sans recourir aux cours d’eau ou à la force humaine ou animale . En pratique faire des usines la où on voulait, .
  • Se déplacer plus loin grâce aux trains ou aux bateaux.

La machine a vapeur permet de transformer de l’énergie thermique (Bois, charbon, tourbe puis fuel) en énergie mécanique,

Cette invention est à l’origine de la disparition des diligences remplacées le train, des bateaux à voile remplacés par ceux à vapeur, de la voiture mue d’abord par un moteur à vapeur puis par un moteur à combustion interne, de l’industrie sous toutes ses formes.

Elle se compose de :

  • Une chaudière transformant de l’eau en vapeur par chauffage par un combustible, dans notre région bois, charbon, tourbe et bien plus tard le fuel.
  • Un moteur à vapeur profitant de la pression de la chaudière pour pousser un piston dans un cylindre agissant sur un vilebrequin. Ce moteur à vapeur est l’ancêtre du moteur à explosion à essence ou diésel (Ce dernier n’est pas une invention, c’est un moteur à vapeur amélioré par combustion interne)

Si je parle de la machine à vapeur dans ses colonnes, c’est que celle-ci a transformé l’industrie textile de notre région, auparavant concentrée autour des cours d’eau, et changé le mode de vie des amiénois, avec par exemple un moteur à vapeur pour distribuer l’eau courante dans les foyers ou plus tard produire de l’électricité.

La révolution industrielle, la conquête de l’ouest, les voyages, c’est la machine à vapeur…mais aussi par la suite les guerres exterminatrices et désormais la pollution et le changement climatique.

Nous avons eu des constructeurs de machines à vapeur à Amiens, tant cette production était vitale. D’abord les frères POTTEL dans le bâtiment de l’ancienne église Saint Sulpice, encouragés dans leur labeur par la Société industrielle crée en 1836 sous Louis Philippe, puis VEILLET et LESCURE, dont on trouve encore des exemplaires dans les vieilles usines désaffectées dont certaines inscrites au titre de monument historique .

Oui Amiens comme toute ville industrielle é été concernée et a encouragé cet essor technique. Elle y a même participé avec ces constructeurs.

Les activités pour membres actifs

Devenir membre actif, c’est adhérer à l’esprit « fun », ludique, amical de l’association et a son goût pour histoire.

Notre programme Semestre 1 2018 :

Toute l’année, participer au travail historique en commun pour enrichir nos connaissances et documentations , éventuellement devenir bénévole historien après formation.

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Des délices a consulter, ici factum de 1668…

Le dernier WE de mai, le 27/05, la descente de l’Avre en canoé vous fera découvrir une rivière encore sauvage depuis hailles  jusqu’au centre Ville, à travers des rieux très peu connus du grand public. Plus de 4 heures de descente….puis le Vieil Amiens pour finir.

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Le dernier WE de juin, le 23/06, la « route de la waide » emmènera les propriétaires de vélo (électrique ou non) VTC ou VTT de Amiens à Saint Valery sur Somme sur les lieux de mémoire de la waide tout au long du parcours (64 km ) . Un bien beau parcours sur le chemin de halage, en groupe, avec de nombreuses haltes pour prendre connaissance de l’histoire et du paysage local.

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En vélo le long du canal

Le dernier WE de juin, le 24/06, la fête de l’association , dans un lieu encore à déterminer, « guinguette éphémère » , avec la participation d’un accordéoniste et du groupe rock blues « 60’shades of blues ».

A partir de 13h, nous allons recréer l‘atmosphère des guinguettes qui foisonnaient le long de la digue de la voirie à la « Belle Epoque« . Vous pourrez vous restaurer et boire de la bière d’Amiens, fameuse d’ailleurs. Seule concession à l’histoire, le blues rock n’existait pas à l’époque, mais ne craignez, rien, il y aura bien avant un accordéoniste de talent…. ,