Les marais de Bourges , leur intérêt pour la datation des hortillonnages d’Amiens

Comparaison Hortillonnages d’Amiens avec les marais de Bourges. 

Les marais de Bouges. Toute la partie du haut au Nord Est a été crée de toute pièce en 1640 et cela ressemble beaucoup à nos hortillonnages.

Il sera compte tenu du terrain et des destructions entre-autres dues à la construction du canal de Somme de trouver des preuves archéologiques de la date de création des hortillonnages. Certains ont approché le problème mais n’ont pas réussi ou n’ont pas été cherché ailleurs la preuve qu’il ne pourrait trouver sur place.

Leur date ancienne de création entraine ipso facto aussi l’absence d’archives correspondantes. A cette époque, on n’écrivait pas, à la main d’œuvres profanes au sujet de travaux à réaliser suite à un phénomène nouveau..

Aussi nous allons chercher les preuves ailleurs…a BOURGES. !

Les « coulants » des marais de Bourges

Une conception identique aux hortillonnages d’Amiens à une date différente. Les marais de Bourges ont une histoire parallèle à la nôtre, et une géographie un peu différente. Et une sociologie qui n’a rien à voir.

Situés comme les hortillonnages quasi au centre Ville de Bourges, ils sont nés aussi d’asséchement de marécages en amont de la Ville, mais pas à la même époque que nos hortillonnages.

En fait 2 rivières coulent au nord ouest de Bourges : L’Yèvre et le Langis . Ces rivières s’épandaient en marécage avant la ville, la pente étant quasi nulle . Régulièrement avec les crues, ces 2 rivières se réunissaient en une seule et formaient un gigantesque lac en amont de la ville ayant une fonction conséquente de défense, mais aussi de périodicité de cette défense dangereuse pour la sécurité et de la quasi impossibilité de cultiver ces marécages, étant trop souvent noyés.

Les marais ont été donc très tôt domestiqués par l’homme , mais pas dans le même but que nos hortillonnages et avec des retouches sur plusieurs siècles au fur et à mesure qu’évoluaient les besoins.

1/ Pour rendre la défense plus pérenne, les gallo-romains ont crée de toute pièce un nouveau cours d’eau léchant l’enceinte fortifiée de Bourges, la Voiselle.

2/ Pour cultiver les terres pas toujours noyées, on a commencé vers 800 a travailler les marais les plus près du centre, par la technologie ancestrale du creusement de fossés d’asséchement. On les appelle à Bourges les coulants . Contrairement à nos rieux, ce sont des fossés, ils n’ont jamais été prévus pour être navigables. Ils ne sont la que pour permettre d’y concentrer l’eau et donc de cultiver la parcelle émergée.

3/ Avec l’arrivée des moulins au 12eme siècle, on s’est mis a canaliser l’Yèvre pour créer un bief au premier moulin et assurer une retenue d’eau suffisante en hauteur et débit pour l’alimenter, ce « moulin du Roye ».

4/ Au 17eme siècle, on agrandit cette digue et on comprend que l’on peut organiser l’écoulement des eaux dans la Voiselle et les marais autour en installant des vannes de décharge et retenue, que l’on va appeler « pelles ». On va installer un moulin plus important , alimenté désormais plus régulièrement par ces aménagements hydrauliques. Satisfait du résultat, on va petit à petit augmenter la hauteur cette digue pour améliorer les performances du moulin du Roye. Cette digue de l’Yèvre va de plus en plus ressembler à une digue de canal, comme notre chemin de halage. Mais en créant cette digue, que fait on me direz vous par conséquence ? On augmente de 2,2 m et plus la hauteur d’eau de l’Yèvre par rapport à la Voiselle, qui ne communiquent plus que par des « pelles’ .

Et donc on crée 2 hauteurs d’eau dans les marais. Cette création volontaire est attestée par un écrit du 18/04/1640 (sous louis 13) lors de la vente des terrains communaux , marais inondés par l’élévation de la digue , aux jésuites chargés de leur exploitation. On y explique comment faire…pour fossoyer et créer des aires surélevées ! 

Les antiques marais évidement « de même hauteur » deviennent  » marais du bas « et » marais du haut », séparés par un digue et des vannes de décharge entre eux, dont celle des « quatre pelles » .Les marais du bas (2/3 de la superficie) sont plus régulièrement irrigués et bénéficient donc d’une meilleure possibilité d’exploitation .

Mais les marais du haut (1/3 de la superficie) sont noyés….

Donc on fait quoi ?

Tiens tiens…ca me rappelle quelque chose… Comme la montée des eaux ne s’est pas faite du jour au lendemain mais en quelques années, au fur et à mesure que les moulins demandaient plus de puissance donc plus de hauteur, on a appris au 17ème siècle tout naturellement à rehausser les parcelles qui commençaient à s’imbiber d’eau et à creuser des « coulants » autour plus profonds, cette profondeur les rendant navigables…..jusque au barrage du moulin du Roye. Différence avec nous, les barques ne pouvaient pas se rendre en centre ville….

Ici, la technique de création des parcelles asséchées est évidente et plus tardive, on en a des preuves aux archives; Devant la montée des eaux, on creuse, on rehausse, tout comme on a fait pour nos hortillonnages.

La cause ? Les aménagements hydrauliques de l’homme consécutifs aux besoins des moulins.

Voici une évidente similitude entre nos 2 marais, ils ont été aménagés par l’homme à la suite de la nécessité d’installer des moulins hydrauliques.

C’est tout mais c’est fondamental, et confirme la création très probable de nos hortillonnages pour nous au 12 eme/13eme siècles , date de l’édification de nos moulins et des différents barrages qui vont avec.

Pour les autres aspects, surtout sociologiques et touristiques, ces marais sont très différents de nos hortillonnages .

En ce qui concerne le fait que les marais d’Amiens et ceux de Bourges ont tous deux été décidés par des congrégations religieuses , il resterait à savoir si Bourges a appris d’Amiens cette technique ou si les 2 phénomènes sont nés indépendamment face au même phénomène de montée des eaux…

Un rehaussement des parcelles mais ici en 1640….

Il faut bien qu’il nous reste un peu de travail de recherche….

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